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Une scolarisation difficile en école maternelle

Le gouvernement a annoncé, il y a quelques semaines, la scolarisation obligatoire dès 3 ans à partir de la rentrée 2019.

Une idée qui devrait ravir les parents d’enfant en situation de handicap pour qui l’entrée en maternelle est parfois compliquée et l’accueil souvent insuffisant.

Des scolarisations difficiles ou partielles

S’il est difficile d’avoir le nombre exact des refusés en maternelle, le rapport “inclusion petite enfance” de 2018 nous indique tout de même que plus de 30 % d’enfants en situation de handicap étaient non scolarisés à 3 ans, ce qui devrait représenter près de 2 000 élèves à intégrer en petite section l’année prochaine. Pour ces jeunes, l’âge moyen de la rentrée en maternelle se situe plutôt autour de 4 ans.

Ces chiffres sont néanmoins à mettre en perspective avec le temps réel de présence en classe de ces enfants. Encore bien souvent, s’ils sont acceptés à l’école, il n’est pas rare que ce ne soit que sur des demi-journées. Le rapport relève entre autres que “une proportion significative d’élèves en situation de handicap fréquente l’école seulement un ou deux jours par semaine“. Près de 60 % des élèves de petite section de maternelle ne sont ainsi admis qu’à temps partiel. Ce taux atteint 40 % pour la moyenne section et 25 % pour la grande section.

Une partie de ce temps partiel peut, en outre, être expliqué par le manque d’auxiliaires de vie scolaire. En effet, les petits sont, la plupart du temps, renvoyés chez eux lorsqu’elles ne sont pas là. Il n’appartient pourtant pas aux enseignants d’imposer un temps partiel ou de conditionner la scolarisation d’un enfant à la présence d’un accompagnant. De telles disposition sont contraires aux directives de l’Education nationale qui affirme que ” L’accompagnement par une personne chargée de l’aide humaine n’est pas une condition à la scolarisation […] Il convient de veiller à donner la priorité au caractère effectif de la scolarisation, éventuellement en l’organisant de façon progressive. En effet, une fréquentation occasionnelle ou réduite à quelques heures par semaine serait contraire à l’objectif de scolarisation.”

Que peut-on espérer avec l’école obligatoire dès 3 ans ?

Cette mesure devrait permettre à tous les enfants, quel que soit leur handicap, d’entrer à l’école maternelle. Les professeurs n’auront ainsi plus le prétexte d’un enseignement facultatif pour les refuser en classe. Espérons que cela s’accompagne également d’un meilleur suivi du Projet Personnalisé de Scolarisation et des temps scolaires.

Cette mesure est par ailleurs à mettre en perspective avec celles de la rentrée 2018, à savoir le renforcement du statut des AESH, l’expérimentation des pôles inclusifs dans les établissements, les créations de postes, le renforcement des formations sur le handicap ou encore l’ouverture de nouvelles classes ULIS.

Scolariser des enfants en situation de handicap le plus tôt possible a un impact très positif sur leur intégration, sur l’acceptation de la différence, mais aussi et surtout sur l’apprentissage de ces jeunes qui seront stimulés et socialisés plus tôt.

Source : Rapport HCFEA “inclusion petite enfance”- 2018 

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