La retraite des aidants familiaux

La retraite des aidants familiaux

La retraite est un sujet qui inquiète souvent les aidants. En effet, pour vous consacrer à votre rôle auprès de votre enfant, vous avez parfois dû cesser votre activité et vous ne savez pas toujours si vous avez tous vos semestres. Pour les personnes nées avant 1949, il vous faut 160 trimestres pour avoir votre retraite à taux plein, soit 40 ans de cotisations et 172 pour celles nées après 1973 (43 ans).

Rassurez-vous, des dispositions existent afin de prendre en compte votre engagement dans le calcul de votre retraite.

Une retraite à taux plein dès 65 ans

Vous êtes l’aidant d’un enfant

Lorsque vous vous êtes occupé de votre enfant en situation de handicap pendant au moins 30 mois consécutifs (soit deux ans et demi), vous pouvez prétendre à la retraite à taux plein à 65 ans quel que soit le nombre de trimestres que vous avez cotisé. De même s’il est (ou a été) bénéficiaire de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH). Cette mesure est accessible aux deux parents.

Si vous souhaitez partir en pré-retraite, la décote sera calculée sur la référence de ces 65 ans et non pas en fonction des trimestres manquants.

Vous êtes l’aidant d’un adulte

Si vous n’avez pas assez cotisé, vous pouvez quand même prétendre à la retraite à taux plein dès 65 ans si vous vous êtes occupé de votre conjoint (ou d’un parent handicapé autre que votre enfant) bénéficiaire de la PCH. Vous pouvez également la demander si vous ayez dû cesser votre activité professionnelle pendant au moins 30 mois consécutifs pour vous en occuper. L’aide peut avoir été permanente ou temporaire.

Aidants, vous devez pouvoir justifier d’un arrêt d’activité professionnelle pendant ces 30 mois consécutifs. Une reprise d’activité, même brève pourra vous refuser cet avantage.

Les trimestres de majoration

Vous êtes l’aidant d’un enfant

Le fait d’avoir élevé un enfant en situation de handicap avec un taux d’incapacité d’au moins 80 % vous donne droit jusqu’à 8 trimestres de majoration (1 par période de 30 mois, consécutifs ou non, soit jusqu’à ses 20 ans). Cette majoration est cumulable avec celle au titre de la parentalité (jusqu’à 8 trimestres également) et est accessible aux deux parents.

Cette majoration n’est pas conditionnée au fait d’avoir dû réduire ou cesser une activité professionnelle, en revanche vous devez déjà avoir cotisé à l’assurance vieillesse et votre enfant doit remplir les conditions d’obtention de l’AEEH (qu’il la perçoive effectivement ou non).

Vous êtes l’aidant d’un adulte

Le fait d’accompagner un adulte en situation de handicap avec un taux d’incapacité d’au moins 80 % peut vous permettre de majorer vos trimestres de cotisations. En effet, si vous avez dû l’accompagner sur une période d’au moins 30 mois consécutifs vous avez droit jusqu’à 8 trimestres de majoration (1 par période de 30 mois).

Cette majoration est cependant soumise à la condition que vous ayez totalement arrêté de travailler pour vous occuper de lui.

L’affiliation à l’assurance vieillesse

Si vous ne travaillez pas ou avez dû réduire votre activité professionnelle, vous pouvez être affilié au régime général des retraites, c’est ce que l’on appelle l‘assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF). Vous accumulez alors des droits sans verser de cotisations.

Pour pouvoir être affilié, votre proche (enfant ou adulte) doit avoir un taux d’incapacité de 80 %. Si  son taux d’incapacité est compris entre 50 % et 79 %, vous devez gagner moins de 63 % du plafond de la sécurité sociale (soit 2 085,93 € par mois en 2018).

Si votre enfant perçoit l’AEEH, vous serez automatiquement affilié, dans le cas contraire, vous pourrez toujours faire une demande à la caisse d’assurance vieillesse de votre région ou auprès de la Caisse d’Allocations Familiales (CAF).

Aidant, si vous ne remplissez pas les conditions nécessaires, vous pouvez demander à votre Caisse d’Allocations Familiales (CAF) de cotiser à l’assurance volontaire vieillesse.

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