Être aidant et travailler

Être aidant et travailler

Vous êtes près de la moitié des aidants (47%) à assumer au quotidien : vie d’aidant, vie personnelle et vie professionnelle. Près d’1 salarié français sur 10 serait un aidant, qu’il en ait conscience ou non !

L’Atelier des Aidants vous donne des conseils afin de mieux appréhender votre quotidien d’aidant salarié au sein de votre entreprise.

Dois-je parler de ma situation d’aidant familial à mes collègues ?

Il n’est pas évident d’aborder le sujet avec vos proches et encore moins avec vos collègues. Parce que personne ne peut comprendre ce que vous vivez à moins d’y être confronté, vous pouvez être tenté de ne rien dire et de « prendre sur vous ».

Pourtant, et c’est bien normal, accompagner un proche peut avoir un impact sur votre travail : retards, absences, arrêts maladie, urgences familiales, fatigue ou sautes d’humeur etc. Tout ce qui fait votre quotidien peut être mal interprété et faire l’objet de rumeurs désagréables, vous isolant petit à petit du reste de vos collègues.

Afin d’éviter de rajouter du désagréable au difficile, nous vous conseillons d’en parler.

Il est primordial de pouvoir évacuer la pression et mettre des mots sur votre situation pour ainsi faire prendre conscience à votre entourage et à vos collègues des responsabilités familiales qui sont les vôtres. Il n’est pas dit que tous comprendront, mais en parler pourrait être l’occasion de découvrir que vous n’êtes pas seul et que parmi vos collègues il y a aussi des aidants. Certains pourraient même avoir des contacts intéressants à vous communiquer, vous permettant de réduire les délais d’attente pour voir un spécialiste ou vous orientant vers une association que vous ne connaissiez pas…

Ayant pris connaissance de votre quotidien de proche aidant, vos collègues auront plus volontiers une approche bienveillante et pourraient veiller à rendre votre vie au travail plus agréable.

Quels sont les risques si je n’en parle pas à mon employeur ?

Beaucoup d’aidants n’osent pas en parler de peur du regard des autres ou de perdre leur emploi, pourtant il y a plus de risques à ne pas aborder le problème avec votre supérieur ou votre responsable des ressources humaines.

Vos contraintes quotidiennes liées à l’accompagnement de votre proche peuvent dans une certaine mesure nuire à vos performances professionnelles et interpeller votre supérieur (suspicion d’un manque de motivation, perte de confiance, difficultés relationnelles et professionnelles). S’ils ne sont pas justifiés, de tels comportements peuvent être un motif de licenciement.

La solution ? Comme pour vos collègues, parlez-en. Notez qu’en plus, la question du proche aidant est au cœur de l’actualité et de plus en plus d’entreprises y sont sensibilisées.

Sans avoir besoin d’entrer trop dans les détails, l’explication de vos obligations familiales et de ce qu’elles peuvent induire sur vos performances peut dénouer les situations compliquées et justifier un aménagement de vos conditions de travail (horaires flexibles, télétravail, proposition de temps partiel, don de jours de congé etc.). Près de 44 % des salariés aidants déclarés ont ainsi pu avoir recours à des aménagements qui ont significativement amélioré leur quotidien !

Si vous êtes nombreux à ne rien en attendre, certaines entreprises prennent la mesure des responsabilités qui sont les vôtres et peuvent chercher à vous aider en vous accompagnant dans vos démarches, dans vos recherches d’informations, mais aussi en vous formant ou en vous permettant de bénéficier de solutions de répit ou de prestations de services.

Valoriser le rôle de l’aidant

Travailler n’est pas un choix mais une nécessité pour beaucoup d’entre nous et encore plus pour les aidants. C’est ainsi une nécessité :

  • Financière d’une part : vous devez subvenir à vos besoins et à ceux de votre famille (loyer, alimentation, véhicule etc.). De plus, pour 66% d’entre vous, vous participez également aux frais de votre proche (en moyenne 170€/mois).
  • Mais aussi sociale : travailler vous permet de ne pas être isolé, de préserver votre vie sociale et de vous maintenir concentré sur autre chose que sur la maladie ou le handicap de votre proche.

Malgré les répercussions que votre implication auprès de votre proche peut avoir sur votre travail, il faut que vous gardiez confiance en vous car vous possédez de nombreuses et belles qualités de par votre expérience d’aidant :

  • Vous êtes très organisé : vous gérez votre vie et celle de votre proche, vous planifiez les intervenants professionnels et les rendez-vous médicaux… Bref vous êtes devenu un équilibriste professionnel !
  • Vous avez la capacité de gérer les urgences : toutes les fois où vous avez dû intervenir à la dernière minute pour votre proche ont aiguisé votre capacité à réagir rapidement ;
  • Vous êtes persévérant, fiable et loyal : jour après jour vous êtes auprès de votre proche, quelles que soient les difficultés rencontrées ;
  • Vous avez une patience à toute épreuve et un grand sens de l’écoute, votre seuil de tolérance est probablement plus élevé que la moyenne !

Etre aidant peut rapidement devenir un véritable parcours du combattant ! Labyrinthe administratif, manque d’informations pertinentes et fiables, jargon juridique pas toujours compréhensible… Avec l’Atelier des Aidants, vous ne perdez plus de temps à rechercher ce dont vous avez besoin. Nous avons centralisé pour vous l’ensemble de ces informations afin de vous épauler dans votre rôle d’aidant familial. Un sujet que vous aimeriez voir traiter ? Dites-le nous sur notre forum des aidants !