Parkinson

Parkinson

Décrite en 1817 par le médecin anglais James Parkinson, la maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurologique la plus fréquente après Alzheimer, mais contrairement à cette dernière, Parkinson n’est pas une maladie mortelle et ne réduit pas l’espérance de vie des malades.

Cette maladie attaque les neurones à dopamine, qui contrôlent entre autre le comportement, la cognition, les fonctions motrices, la motivation, le sommeil etc. Les symptômes typiques sont les tremblements au repos ou des difficultés à effectuer certains mouvements.

La maladie de Parkinson touche environ 1 à 2% des plus de 60 ans et est l’une des causes majeures de handicap chez les personnes âgées. Selon France Parkinson, environ 200 000 personnes sont touchées par la maladie en France et près de 5 millions de personnes au niveau mondiale.

Reconnaître les premiers symptômes de la maladie de Parkinson

Les premiers symptômes de la maladie de Parkinson ne sont visibles que lorsque la maladie a déjà progressé, en effet ce n’est qu’après la destruction de près de 50% à 70% des neurones à dopamine qu’apparaissent les premiers symptômes, essentiellement moteurs.

La lenteur du mouvement

Les mouvements sont ralentis et rendus douloureux par le manque de dopamine, ce qui impacte particulièrement les mouvements demandant de la précision ou les mouvements semi-automatiques comme marcher ou écrire. Pour continuer d’exécuter le mouvement, votre proche va donc être obligé de le penser de manière volontaire, ce qui lui demande beaucoup d’énergie et de volonté.

Aidants, lorsque vous voyez que votre proche est en difficulté, n’hésitez pas à l’encourager et à accompagner son mouvement, la stimulation auditive est aussi réellement efficace.

Le tremblement des membres au repos

C’est le symptôme le plus connu de la maladie, et pourtant 36% des malades ne tremblent pas ce qui peut parfois retarder le diagnostic. Le tremblement concerne le plus souvent les membres supérieurs (doigts, poignets, mains), ne se produit que lorsque le membre est au repos et cesse dès qu’un début de mouvement est initié. Il ne concerne parfois qu’un seul côté du corps et peut se propager aux membres inférieurs avec l’évolution de la maladie de Parkinson.

Aidants, si votre proche à des tremblements lorsque les membres ne sont pas en repos, il ne s’agit pas de la maladie de Parkinson mais d’un autre handicap, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant.

La raideur des membres

La raideur est due à une crispation musculaire et peut entrainer des crampes ou des tendinites. Le plus souvent les raideurs se concentrent le long de la colonne vertébrale ce qui donne l’impression que votre proche a froid, il est voûté vers l’avant, la tête baissée, posture caractéristique des malades de Parkinson.

Les autres symptômes

Les symptômes étant variables d’un malade à l’autre, il en existe d’autres tout aussi handicapant que 3 principaux. Ces derniers peuvent aussi apparaître avant les premiers signes moteurs.

  • Le freezing: Ce terme désigne le fait de rester « clouer sur place ». Au moment de certains mouvements, comme le franchissement d’une porte ou le démarrage de la marche, votre proche va piétiner sur place sans pouvoir avancer. Pour le débloquer il existe des astuces simples comme créer un obstacle à franchir devant lui (une boulette de papier ou votre propre pied), l’encourager ou cadencer les pas.
  • Les troubles de l’équilibre: Ils sont fréquents et très handicapants car ils peuvent facilement entrainer la chute qui elle est dangereuse pour votre proche. Pensez à laisser des points d’appuis disponibles et à fixer les tapis au sol pour limiter les risques. L’usage d’une canne peut aussi être utile notamment pour les sorties.
  • La somnolence et les troubles du sommeil: Plus de la moitié des parkinsoniens souffrent d’insomnies chroniques. Si une personne âgée peut elle aussi voir son sommeil troublé, pour les malades de Parkinson ce trouble est particulièrement régulier et répété. Même chose pour la somnolence, une personne d’âge avancé peut elle aussi s’endormir au cours de la journée, mais il est plus handicapant dans le cas de la maladie de Parkinson car votre proche peut s’endormir à tout moment et n’importe où, y compris dans les lieux publics, au travail ou plus dangereux dans les transports. Aidants, si votre proche souffre de somnolence, il est recommandé pour lui d’arrêter la conduite.
  • Les troubles non moteurs : Les troubles de la déglutition, les troubles digestifs dus au manque de mouvement, la perte de l’odorat, l’hypersexualité, les troubles urinaires et l’incontinence.
  • Les troubles psychologiques: En plus d’agir sur les mouvements, la dopamine régule aussi les humeurs. Le manque de dopamine peut donc jouer sur l’état émotionnel de votre proche, entrainant une hypersensibilité au stress et à l’anxiété, un état dépressif ou une amplification des émotions, le submergeant rapidement de joie ou de chagrin. Autre symptôme méconnu, l’indifférence, la perte d’intérêt de votre proche pour ce qui l’entoure, entrainant un repli et une mise à l’écart du monde. Une sensibilité aux addictions est également à noter (aux jeux, à l’alcool, achats compulsifs etc.).

Aidants, il est normal que votre proche ne présente pas tous les symptômes de la maladie de Parkinson, en effet, la plupart du temps ils sont variables d’un malade à l’autre.

Poser le diagnostic de la maladie de Parkinson

La pose du diagnostic de Parkinson est difficile, notamment parce que les premiers symptômes de la maladie de Parkinson sont longs à se manifester et parce que la maladie est chronique. Votre proche alterne entre moments où il vit normalement et moments où les mouvements deviennent difficiles, ce qui peut retarder le moment du diagnostic.

A quel âge peut-on avoir la maladie de Parkinson ? Aidants, sachez que la maladie de Parkinson peut se manifester tôt. Nous vous invitons à consulter notre article sur la maladie de Parkinson chez les jeunes si votre proche n’a pas plus de 50 ans. Sinon, on estime l’âge moyen du diagnostic autour de 58 ans, alors si vous suspectez la maladie de Parkinson chez votre proche, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant. Ce dernier établira un premier bilan et vous redirigera si nécessaire vers un neurologue qui pourra poser un diagnostic ferme, ce dernier se fait généralement par validation de 2 des 3 symptômes majeurs.

Le choix du type de traitement de la maladie de Parkinson qui vous sera alors proposé se fait dans un premier temps sur un critère d’âge, puis en fonction des symptômes spécifiques.

Evolution de la maladie de Parkinson

Si l’évolution de la maladie est lente et variable selon les individus, 4 phases sont généralement décrites :

  • L’apparition des premiers symptômes: Le début de la maladie et l’apparition des premiers symptômes est source d’inquiétude pour votre proche, car bien souvent on ne sait pas encore de quoi il s’agit. Il n’est pas facile de se décider à consulter, cela impose d’accepter un diagnostic qui remet bien souvent en question toute l’organisation du reste de la vie de votre proche avec notamment l’anticipation de sa perte d’autonomie.
  • La recherche de l’équilibre: C’est le début du traitement médical et la recherche d’équilibre dans son dosage, mais aussi dans la vie de votre proche. Dès que le traitement de la maladie de Parkinson est équilibré, il atténue efficacement les symptômes et entraine un mieux vivre avec la maladie, votre proche va alors pouvoir chercher ses limites et s’adapter entre de ce qu’il peut encore faire et ce qui devient difficile.
  • L’apparition des complications: Les traitements médicamenteux sont rarement sans effets secondaires et ceux des traitements de Parkinson apparaissent environ 5 à 10 ans après le début de la prise des traitements. Une résistance au traitement se met en place et de nouveaux symptômes comme des problèmes gastriques, l’incontinence ou des troubles de l’équilibre peuvent survenir, ce qui peut provoquer une souffrance chez votre proche, aussi bien physiquement que psychologiquement.
  • La phase avancée: Cette étape est la plus avancée dans la maladie et aussi la plus difficile à vivre pour vous, aidants, et votre proche ; les traitements sont moins efficaces, les effets secondaires plus lourds et peuvent même entrainer des troubles cognitifs comme la démence ou un état global d’immobilisme chez votre proche.

Aidants, après 60 ans, votre proche deviendra de plus en plus dépendant. Si son accompagnement est important, veillez à ne pas vous épuiser, n’hésitez pas à demander de l’aide, que ce soit auprès des associations qui pourront vous soutenir ou auprès de professionnels comme les auxiliaires de vie ou les établissements spécialisés qui pourront vous relayer dans la prise en charge de votre proche.

Mieux vivre Parkinson

Au fur et à mesure, la maladie de Parkinson prend une place de plus en plus importante dans votre quotidien et celui de votre proche. Si aucun médicament ne permet pour l’instant de ralentir ou stopper sa progression, de nombreux traitements diminuent les symptômes et peuvent améliorer la qualité de vie de votre proche.

Les traitements médicamenteux

Parmi les traitements de Parkinson, nous pouvons distinguer 3 catégories :

  • Les substances qui vont se transformer en dopamine dans le cerveau, parmi lesquels la lévodopa qui est le traitement de référence de la maladie de Parkinson, il possède entre autre le meilleur rapport efficacité/effets indésirables;
  • Les substances qui vont agir comme la dopamine;
  • Les substances qui vont bloquer ou réduire la dégradation de la dopamine.

D’un point de vu chirurgical, il est également possible de procéder à des stimulations cérébrales par implantation d’électrodes directement dans le cerveau.

Les traitements non médicamenteux

Comme la maladie de Parkinson touche les fonctions motrices, il est recommandé de pratiquer de l’activité physique comme du sport ou de la rééducation en plus des traitements.

  • La kinésithérapie aura pour rôle principal la restauration des fonctions motrices et le rétablissement de la souplesse de votre proche. Il est important de pratiquer la rééducation à tous les stades de la maladie pour lutter contre la dépendance et s’entrainer aux gestes du quotidien.
  • Consulter un orthophoniste peut être particulièrement utile dans le cas de crispation au niveau du visage ou de trouble du langage associé, votre proche pourra apprendre à réguler son souffle, à poser ses mots et continuer à parler correctement malgré la maladie.
  • Pour les malades de Parkinson, et en particulier les plus fragiles, toute activité physique est bonne dès lors qu’elle n’est pas trop violente. Le sport va en plus permettre au cerveau de créer de la dopamine et réduire, de lui-même, les symptômes.

Si votre proche souhaite pratiquer un sport, il est recommandé de le choisir en fonction de ses symptômes, de ses capacités physiques, mais aussi de ses besoins moteurs. Nous pouvons entre autres vous recommander des étirements, de la gym douce (comme le yoga), de l’aérobic, du vélo, de la marche ou encore de la danse (comme le tango).

La recherche sur la maladie de Parkinson

Les causes de la maladie de Parkinson sont encore inconnues. Le facteur héréditaire est trop faible pour être considéré comme génétique (15%, même si une prédisposition est observée pour l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord) quant au facteur environnemental, l’exposition prolongée aux pesticides, métaux lourds ou autres est encore à l’étude.

De nombreuses recherches sont en cours visant de nouveaux traitements, pour stopper la disparition des neurones à dopamine, compenser le déficit de dopamine ou encore avoir des effets secondaires moins lourds. Récemment la recherche a mis au jour deux nouvelles pistes :

Les facteurs dits protecteurs de la maladie

La recherche se porte actuellement sur des facteurs potentiellement protecteurs de la maladie, la consommation de certains aliments ou certaines substances pourrait avoir des vertus bénéfiques. Des essais cliniques sont en cours.

  • Le tabac : S’il n’est absolument pas recommandé de fumer en vue des risques sur la santé globale, une réduction des risques de développer Parkinson de l’ordre du tiers a été observée chez les personnes consommatrices de tabac. La nicotine aurait à priori un effet stimulant sur la dopamine. A confirmer.
  • Le café : Moins dangereux que le tabac, la caféine stimule la production de dopamine, la consommation de café limiterait donc également le risque de Parkinson.
  • Les oméga-3 : On leur prête de nombreuses vertus et une alimentation riche en Oméga-3 serait associée à une réduction des risques de développer la maladie.

Un excès de calcium comme cause probable de la maladie

Une équipe de chercheurs de l’Université de Cambridge s’est rendue compte que le calcium jouait un rôle entre les terminaisons nerveuses et une protéine associée à la maladie de Parkinson. Des médicaments visant à bloquer le calcium, jusqu’alors utilisés pour traiter les pathologies cardiaques, pourrait ainsi être efficace contre la maladie de Parkinson. Des études et essais en ce sens sont en cours.

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