grand age et autonomie

Rapport Grand âge et autonomie : les mesures pour les aidants

Le très attendu rapport sur la concertation nationale “Grand âge et Autonomie” a été remis ce 28 mars à la ministre des solidarités et de la santé, Mme Buzyn. Comportant plus de 175 propositions, il tente de répondre aux besoins exprimés par l’ensemble des Français lors de la phase de vote clôturée le 5 décembre.

Pour rappel, les contributions avaient été nombreuses avec plus de 18 000 propositions. Les principales mesures portaient alors sur l’amélioration des conditions de vie et de travail des accompagnants (aidants, professionnels et bénévoles), sur l’amélioration du lieu de vie des seniors et sur leur quotidien.

À l’occasion de sa lecture, L’Atelier des Aidants a décidé de vous présenter les propositions portant sur les aidants.

Les mesures d’aide aux proches aidants

On ne peut concevoir une action forte en faveur des personnes âgées sans s’engager fermement auprès des aidants dont nous savons le rôle essentiel, et en même temps la difficulté de la tâche, l’épuisement qui souvent les guette, le découragement, et l’affaiblissement de leur propre santé. Nous devons les aider, les accompagner, notamment par la simplification de leurs parcours.

C’est par ces mots que commence la partie du rapport consacrée à la question des aidants et à l’amélioration de leur qualité de vie (pages 69 à 72). Au total, 13 propositions sont formalisées au travers de 4 objectifs.

  • Simplifier la vie des proches aidants,
    faciliter leurs démarches et rendre leurs droits plus effectifs

  • Améliorer l’accompagnement financier des proches aidants

  • Mieux concilier le rôle d'aidant familial et la vie professionnelle

  • Innover sur les territoires en faveur de l'aidant familial

Les difficultés administratives rencontrées par les aidants ont largement été exprimées lors de la phase de vote et sont reconnues par le gouvernement. Le rapport met ainsi en avant 2 mesures pour faciliter leur quotidien.

Mettre en place un guichet unique

Parce que leur parcours administratif ressemble encore à un parcours du combattant, l’ensemble de l’information et des procédures pourraient être regroupés au sein d’un lieu unique, les “Maisons des Aînés et des Aidants”.

Ces dernières seront ainsi créées sur l’ensemble du territoire selon un cahier des charges national d’accueil et d’orientation des seniors et des aidants. Elles se substitueraient aux CLIC, PTA, plateformes de répit, etc. afin de centraliser l’information, présenter un interlocuteur unique et simplifier au maximum l’accueil, l’orientation vers les différents acteurs et leur coordination tout en renforçant le soutien aux aidants familiaux.

Simplifier l’identification des besoins

Les professionnels de santé et autres accompagnants ne sont pas toujours au fait des besoins et difficultés rencontrées par les aidants, c’est pourquoi des kits de repérage et d’information devraient être diffusés par ces professionnels afin de faciliter l’orientation et la recherche d’informations des proches aidants.

L’aidance n’est pas seulement une question de soutien ou d’assistance. Il arrive en effet que l’aidant soit amené à engager des frais au bénéfice du proche aidé ou que sa situation l’oblige à modifier ou arrêter son activité professionnelle. Que ce soit à cause d’une participation active aux dépenses ou par la réduction de son temps de travail, l’aidance est souvent synonyme de difficultés financières.

Indemniser le congé de proche aidant

De nombreuses formations politiques ont pris la mesure de cette détresse et ont formalisé des propositions de loi visant à indemniser le congé de proche aidant. Jusque-là rejetées dans l’attente des conclusions de ce rapport, les discussions sur ce point précis devraient reprendre sous peu. En effet, ce dernier préconise une indemnisation à hauteur de l’allocation journalière de présence parentale (AJPP), soit 43.70 € par jour pour un couple et 51.92 € pour une personne seule.

La durée de cette indemnisation reste à déterminer et serait financée par la solidarité nationale (journée de solidarité) ainsi que par la branche famille des prestations sociales.

Faciliter l’accès au répit de l’aidant

Le rapport préconise au travers de la proposition n°121 de transformer l’Allocation Personnalisée d’Autonomie en une nouvelle prestation autonomie qui prendrait en compte 3 volets : l’aide humaine, les aides techniques, le répit et l’accueil temporaire.

C’est ce volet spécifique de la prestation autonomie qui serait à destination des aidants. Afin de faciliter l’accès au répit, il faut que la mise en œuvre des solutions de répit soit effective et que toutes les personnes âgées en perte d’autonomie aient accès à des solutions d’accueil de jour et d’hébergement temporaire. La proposition ne fait cependant pas mention de dispositifs similaires pour les aidants accompagnant des adultes ou enfants malades ou handicapés.

Si la conciliation vie professionnelle et vie personnelle a déjà été abordée, la concertation nationale a fait émerger la nécessité d’y introduire les aidants. En effet, alors que près de la moitié (47 %) d’entre eux travaillent, leur situation est généralement peu prise en compte, c’est pourquoi le rapport propose toute une série de mesures afin de leur simplifier la vie.

Introduire les proches aidants dans le dialogue social

Pour permettre aux aidants de concilier vie professionnelle et vie personnelle, il faut que ces sujets deviennent importants pour les entreprises, c’est pourquoi la concertation nationale propose d’en faire l’un des sujets du dialogue social. Il devra désormais figurer dans les accords de branche et être un sujet obligatoire négocié tous les 4 ans. De même, le bilan social pourrait devoir mentionner la politique des ressources humaines en faveur des aidants.

Il est ainsi à espérer que les entreprises se saisissent du sujet afin de leur permettre de continuer à travailler tout en veillant sur leur proche.

Inclure les aidants familiaux dans les dispositifs RSE

Afin de les mobiliser encore un peu plus, les aidants pourraient désormais faire partie du dispositif de responsabilité sociale des entreprises, notamment au chapitre de la conciliation entre vie privée et professionnelle.

Aujourd’hui, les entreprises sont très concernées par ces problématiques. Malheureusement, la RSE ne se concrétise bien souvent que par l’amélioration de l’environnement du salarié (plantes vertes, recyclage…) et non pas par l’engagement social. Une telle proposition pourrait permettre de remettre les dispositifs sociaux au cœur de l’entreprise tout en améliorant les conditions de travail des aidants.

Mobiliser la médecine du travail au service des aidants

Parce qu’un aidant qui s’ignore ne bénéficie souvent pas d’aide, la médecine du travail devrait désormais pouvoir les repérer plus facilement et les orienter vers les aides à leur disposition. Cette proposition, si elle est intéressante, mérite une vigilance particulière de la part des principaux intéressés puisque très peu d’aidants se reconnaissent comme tel et beaucoup hésitent encore à en parler.

Soutenir les aidants indépendants

Tous les aidants qui travaillent ne sont pas forcément salariés. L’action sanitaire et sociale de la branche maladie devra se saisir de la question des travailleurs indépendants en incluant du soutien financier et un accompagnement pendant leurs arrêts de travail.

Promouvoir les couvertures assurantielles à destination des aidants

Dans l’optique d’améliorer la couverture contre le risque de perte de revenus, le rapport préconise de diffuser plus largement les assurances collectives à destination des aidants. Ces dernières pourraient ainsi se généraliser au sein des entreprises et offrir un soutien supplémentaire à ceux qui souhaitent poursuivre leur activité professionnelle.

Généraliser l’assistance aux aidants dans les contrats individuels d’assurance dépendance

Les assurances dépendance permettent aujourd’hui de se prémunir contre le risque de perte d’autonomie mais ne prennent pas forcément en compte la présence des proches aidants.

Les services d’assistance disponibles dès la souscription pourraient être généralisés et inclure les aidants (qu’ils soient salariés ou non). Les assurances proposant de telles prestations pourraient être organisées au sein d’un label qualité afin de les rendre plus facilement reconnaissables.

Pour accompagner les aidants, il est nécessaire de les identifier et donc de les reconnaître comme tels. Afin de faciliter ce repérage et déployer les dispositifs d’aide au plus près d’eux, différentes mesures sont préconisées par ce rapport.

Améliorer le suivi des aidants au travers du dossier médical partagé

Parce qu’accompagner un proche a bien souvent des répercussions sur la santé, le dossier médical partagé du proche aidant devrait à l’avenir mentionner cette situation d’aidance. Ainsi il sera précisé qui est le proche aidé et réciproquement, une personne malade, dépendante ou en situation de handicap pourra notifier un aidant familial, ce qui facilitera son suivi médical.

Expérimenter la mise en place de bilan de santé annuel des aidants

Dans la continuité de la mesure précédente, un certain nombre de départements volontaires pourront expérimenter la mise en place de bilan de santé pour les proches aidants afin d’éviter la dégradation de leur état de santé et repérer les situations de fragilité voire de détresse.

Inclure les aidants aux stratégies départementales

Les aidants sont encore bien souvent ignorés dans leur département, alors même que ce dernier peut être partie prenante dans le versement des aides sociales. Désormais, les actions en leur faveur devraient être rendues obligatoires dans le cadre des conférences des financeurs et ainsi permettre de mieux identifier et répondre aux besoins des aidants au sein même de leur territoire.

Les propositions à destination des aidants sont nombreuses, n’hésitez pas à partager la mesure que vous attendez le plus sur notre page Facebook.

Source : Rapport complet Grand âge et AutonomieParce que nous travaillons au quotidien avec les aidants, nous connaissons leurs difficultés, c’est pourquoi nous proposons à tous les aidants qui le souhaitent une protection juridique gratuite et spécifiquement construite pour répondre à leurs problématiques.


Pour aller plus loin, nous leur proposons également de découvrir Family Aidant, la première garantie pour tous les aidants qui leur offre un accompagnement au quotidien, des solutions de prise en charge du proche aidé en cas d’hospitalisation et d’immobilisation de l’aidant et, pour la première fois, une semaine de répit par an.

 

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