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Le point sur la maladie d’Alzheimer

Alors que les médicaments pour Alzheimer ne sont plus remboursés sur décision de la ministre des solidarités et de la santé, la recherche, elle, se poursuit pour prévenir ou apporter un nouveau traitement à cette maladie neuro-dégénérative.

L’Atelier des Aidants vous propose de faire le point sur les avancées scientifiques sur cette maladie.

Vers un nouveau traitement

Début août, nous apprenions que des laboratoires américains et japonais développaient un potentiel nouveau médicament contre la maladie d’Alzheimer. Lors de la phase de test, plus de 800 patients ont reçu ce médicament. Il aurait permis chez 81 % d’entre eux, la disparition des plaques amyloïdes au bout de 18 mois et d’enregistrer un ralentissement du déclin cognitif chez 30 % des patients.

Ce médicament est actuellement dans sa dernière phase de test, celle qui évalue son efficacité. S’il passe avec succès cette dernière étape, une commercialisation dans 2 ou 3 ans est envisageable.

Des nouveaux facteurs de risque de démence

Le sucre accroît de plus de 50 % le risque de développer Alzheimer

Des chercheurs de l’université de Columbia se sont intéressés à l’impact du sucre sur le développement de la maladie d’Alzheimer et révèlent que la consommation de 2 cuillères et demie de sucre par jour (alimentation et boisson incluses) augmentait de 54 % le risque de développer la maladie. Ils poursuivent en ajoutant que la consommation d’une canette de soda par jour augmente le risque de démence de 47 %.

Heureusement, cela ne concerne pas les consommations occasionnelles et un retour à une alimentation saine et équilibrée réduit les risques de développer une démence.

Des risques accrus pour les personnes atteintes d’ostéoporose

L’ostéoporose est une maladie qui touche 2 fois plus les femmes que les hommes après 50 ans et qui consiste en une réduction de la masse osseuse dans le corps. Des chercheurs allemands se sont intéressés aux liens avec la démence, en particulier celle d’Alzheimer et ont découvert que l’ostéoporose était associée à un risque 1,2 fois plus important de déclencher de la démence chez les femmes (1.3 chez les hommes).

Selon Louis Jacob, co-auteur de l’étude, ce résultat pourrait s’expliquer par des facteurs génétiques communs aux deux pathologies.

Les facteurs de risque cardio-vasculaires impliqués dans la maladie d’Alzheimer

Une étude française a tenté de démontrer un lien entre les démences d’origines vasculaire et les démences d’Alzheimer. Cette dernière tend à montrer que la santé du cerveau dépend des mêmes paramètres  que ceux conditionnant la santé cardiovasculaire. En effet, l’American Heart Association a défini que pour avoir une santé cardio-vasculaire optimale, il fallait :

  • ne pas fumer ;
  • avoir un poids dans la norme ;
  • avoir une alimentation saine ;
  • pratiquer une activité physique minimale ;
  • éviter l’excès de cholestérol ;
  • avoir un taux de glucose dans la norme ;
  • avoir une pression artérielle normale.

Les chercheurs français ont pu constater un risque de démence réduit de 10 % à chaque fois que l’un de ces critères était respecté, soit une baisse totale du risque de 70 %. Dans le sens inverse, aucun lien de cause à effet n’a en revanche pu être mis en évidence.

Vers de nouveaux moyens de diagnostic

Un examen oculaire non invasif pourrait suffire

Des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Washington ont remarqué qu’un simple examen oculaire pouvait suffire à observer un début de maladie d’Alzheimer chez des patients âgés ne présentant encore aucun symptôme.

En effet, les personnes malades d’Alzheimer ont la particularité de présenter un amincissement significatif du centre de la rétine et une dégradation du nerf optique. Un examen éclairant la rétine permet de la mesurer et de suspecter ou non un début de maladie.

Si ce type de dépistage non invasif est confirmé, il pourrait permettre un diagnostic précoce et accélérer la prise en charge thérapeutique des patients.

Une vigilance accrue en conduisant

Une étude française a démontré que les capacités de conduite des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer se dégradaient fortement dans les premiers temps de la maladie. Ils ont, entre autres, observé une altération du processus d’autorégulation qui influe sur le respect des limitations de vitesse ou des distances de sécurité ainsi que la capacité à anticiper une action comme tourner ou changer de voie.

Il convient donc d’être vigilant car les personnes malades présentent deux fois plus de risque d’accident que les autres. Si cela ne constitue pas un nouveau mode de dépistage en soi, cette étude nous montre que la conduite peut être un indice lorsque vous suspectez la survenue de la maladie d’Alzheimer chez un proche.

 

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