plan autisme

Les détails du 4ème plan autisme

Alors que le précédent plan autisme (2013-2017) était centré sur la création de places en institution et doté de 205 millions d’euros, le Président de la République annonçait jeudi que le 4eme plan reposerait sur une enveloppe de 344 millions d’euros sur cinq ans (2018-2022) principalement pour améliorer la recherche, le dépistage et la prise en charge de l’autisme.

L’Atelier des Aidants vous propose d’en découvrir les mesures phares.

Au programme de ce 4ème plan autisme

Elaboré pendant 6 mois par le gouvernement, les associations et des professionnels du secteur, le 4ème plan autisme a été présenté la semaine dernière par le Premier Ministre, Edouard Philippe, avec comme objectif annoncé de faire en sorte que les autistes « aient la vie la plus normale possible ».

Le travail et les concertations ont porté sur 5 points en particulier :

  1. L’inclusion, la scolarisation, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle
  2. Les adultes : inclusion sociale et citoyenneté
  3. La recherche, l’innovation et la formation universitaire
  4. La famille, parcours et accès aux soins
  5. La qualité des interventions, la formation des professionnels et l’accompagnement au changement

Favoriser la scolarisation en milieu normal

Il y a quelques jours, le gouvernement a annoncé que l’école serait obligatoire à partir de 3 ans, cette volonté est réaffirmée pour tous les enfants, y compris les autistes. Aujourd’hui, seul le tiers de ces enfants est scolarisé en maternelle pour deux jours ou moins par semaine.

L’objectif est que les enfants nés en 2018 puissent intégrer la maternelle en 2021 que ce soit en unité spécialisée ou non. Le gouvernement prévoit de tripler le nombre de petites classes destinées aux enfants ayant besoin d’un suivi particulier. Le nombre de classes d’enseignement spécialisé en collège et lycée devrait aussi être revu à la hausse.

Vous allez économiser énormément d’argent si vous arrivez à inscrire très tôt un jeune enfant de 2 ans dans un programme qui permettra ensuite de le scolariser normalement. Aller en IME coûte beaucoup plus cher. Cette stratégie d’inclusion consiste à mettre de plus en plus d’enfants dans des écoles normales et les pathologies lourdes dans les IME“, a déclaré jeudi dernier le Président de la République de passage à Rouen.

Pour accompagner cette transition vers une école inclusive, le gouvernement souhaite également créer des postes d’enseignants spécialisés, sensibilisés à l’autisme et au handicap. Pour accompagner ceux qui souhaitent poursuivre leurs études en enseignements supérieurs, des mesures sont envisagées via la plateforme Parcoursup.

Repérer les autistes à l’âge adulte et les accompagner

Pendant longtemps les adultes ont été les grands oubliés des plans autisme. Ce 4ème plan lui consacre un volet complet avec notamment un plan national de repérage et de diagnostic des adultes en établissement. L’objectif est de repérer tous ceux qui ont été mal diagnostiqués et envoyés « par défaut » en institution ou hôpital psychiatrique afin de leur proposer un accompagnement réellement adapté.

Au niveau de l’emploi, le gouvernement souhaite également doubler le nombre d’emplois accompagnés et renforcer les dispositifs “ESAT hors les murs” afin de soutenir l’insertion professionnelle en milieu ordinaire des adultes autistes et leur accès à l’emploi.

La recherche et le dépistage

Conscient du retard accumulé, le gouvernement souhaite que la recherche soit au centre du programme et mette l’accent sur le dépistage dès le plus jeune âge.

En France, il se fait le plus souvent entre 6 et 16 ans alors même qu’il est possible de repérer l’autisme dès 1 an et demi. Le gouvernement veut donc intervenir au plus tôt pour limiter le sur-handicap, en amenant les pédiatres et médecins à vérifier la présence de troubles autistiques au plus tôt. Cette vérification devrait avoir lieu lors des visites obligatoires du 9ème et 24ème mois.

Autre demande très importante portée par les associations, une aide au financement du diagnostic. Dès le 1er janvier 2019, un forfait d’intervention précoce devrait permettre d’accompagner les parents dans le diagnostic de leurs enfants par une prise en charge des séances de spécialistes par l’assurance maladie.

Aider les familles et reconnaitre leur expertise

Parce que vous êtes, en tant que proche aidant, au quotidien face à l’autisme, ce 4ème plan souhaite enfin reconnaitre l’expertise et le savoir-faire des familles. Une instance nationale de pilotage va donc être créée afin d’associer les familles à la stratégie pour l’autisme et à la politique de recherche.

Le gouvernement veut également créer une plate-forme de répit par département. Ces structures permettront de garder quelques heures ou quelques jours, les enfants ou les adultes autistes, afin de libérer du temps pour leurs aidants.

Repenser la formation des professionnels et les sensibiliser à l’autisme

L’effort de formation des personnels sera poursuivi, car « tous les professionnels ne sont pas encore au niveau des meilleures pratiques ». Le gouvernement souhaite l’installation de « plateformes d’intérêt et coordination » afin d’organiser au mieux les interventions des professionnels libéraux (ergothérapeutes, psychomotriciens…). Cette mesure devrait permettre, entre autres, de réduire le temps d’errance de diagnostic.

La formation des universitaires et des médecins devrait également être renforcée par le développement d’outils et de modules de cours à destination des universités et des établissements de formation (kits pédagogiques, modules numériques…).

 

N’hésitez pas à commenter le contenu de ce 4ème plan sur votre forum des aidants.

Partagez cet article