Le baluchonnage : où en est-on ?

Une solution qui a fait ses preuves :

L’idée du baluchonnage est née au Québec en 1999 et propose aux aidants une nouvelle forme de répit. Le principe ? Une personne s’installe au domicile de la personne dépendante et prend le relai de l’aidant pendant son absence. En habitant avec la personne aidée, elle permet une présence constante jour et nuit pour une durée variant de 4 à 14 jours. L’aidant, de son coté, peut souffler et prendre du temps pour lui et sa famille en sachant qu’une personne correctement formée sera aux côtés de son proche.

Qu’en est-il de la France ?

Alors que cette solution existe depuis quelques années en Belgique, en France, la législation limitant le nombre d’heures travaillées fait encore obstacle à ce projet. En effet, les intervenants doivent changer toutes les 10 à 12 heures, ce qui nuit fortement au bon fonctionnement du système ainsi qu’à la prise en charge du proche. Mais les choses devraient évoluer positivement suite à un rapport de mars 2017 de Joëlle Huillier. L’ex députée de l’Isère avait alors dressé un tableau des solutions actuelles françaises s’apparentant au baluchonnage et avait proposé un certain nombre de solutions pour améliorer cette prise en charge.

Une version française à l’étude :

Le « baluchonnage » appelé désormais « relayage », serait de 36 heures minimum avec une visite de pré-intervention au domicile de la personne dépendante pour cerner les besoins et les compétences nécessaires à un bon accompagnement. Le « relayeur » tiendrait un journal de suivi pour l’aidant et y noterait aussi ses éventuelles préconisations pour le futur. A son retour, l’aidant ferait le point avec le relayeur afin d’avoir un retour du professionnel sur le séjour et sur son proche.

Une application prochaine ?

Pour l’instant, aucune date n’est avancée. Un comité de suivi national devrait être mis en place pour lancer une expérimentation sur trois départements pilotes. On est en droit d’espérer une modification de la législation suite à ce test grandeur nature. Les aidants sont toujours dans une situation compliquée. 48% déclarent avoir des problèmes de santé depuis qu’ils sont devenus aidants. Plus de 60% ont des troubles du sommeil et des douleurs physiques. 59% se sentent seuls et pratiquement 25% des aidants prennent plus de médicaments.

Source : l’Association Française des Aidants, étude de 2015.

Et vous, pourriez-vous avoir recours au baluchonnage si cette solution était généralisée ?

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