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L’histoire du Handisport

Le handisport, tout comme le handicap, est de plus en plus visible et pris en compte dans notre société. Pourtant, il n’en a pas toujours été ainsi et son histoire est relativement récente.

L’Atelier des Aidants vous propose de découvrir les étapes marquantes du développement du handisport en France.

Les sourds : les précurseurs

Les sourds sont sans doute les premiers handisportifs de l’histoire. Dès 1910, alors que le handicap commence à peine à être intégré dans la société, ils bénéficient de leur propre club adapté : le club sportif des sourds-muets de Paris, fondé par Eugène Alcaïs, lui-même sourd. C’est également lui qui organise les 1ers jeux mondiaux silencieux en 1924 : The Silent Games, qui réunissent 148 athlètes malentendants venus de 9 pays pour se défier à travers 7 disciplines.

La Seconde Guerre mondiale : le point de départ

C’est à la fin du deuxième conflit mondial que le handisport prend réellement son essor. En effet, la guerre a fait des millions d’estropiés et d’infirmes, dont la moitié avec un taux d’invalidité supérieur à 30 %.

À l’occasion des soins apportés aux blessés, se développent les premières techniques de réadaptation fonctionnelle. Rapidement, le sport est utilisé de façon courante, mais sans pour autant qu’il ne sorte des centres de rééducation.

C’est en 1954 que Philippe Berthe fonde l’Amicale Sportive des Mutilés de France (ASMF). L’objectif est de sortir le sport du cadre des soins et de proposer la pratique de 11 disciplines aux invalides, sans distinction de handicap. L’ASMF se développera dans toute la France, le but principal étant de montrer que faire du sport avec un handicap est possible et qu’on peut même y briller.

La création des jeux paralympiques

En 1954, les jeux internationaux de Stoke Mandeville (Angleterre), organisés par le docteur Ludwig Guttman, se développent sous le nom de “Jeux Olympiques des paralysés“. Cette compétition internationale réunit les délégations de 14 pays (dont la France) autour de différentes disciplines comme le basket, le ping-pong ou l’athlétisme. Cette rencontre n’est néanmoins accessible qu’aux handicapés moteurs en fauteuil.

Sur l’inspiration du docteur Guttman, de nombreux pays vont organiser leurs propres compétitions internationales. Au cours des échanges et rencontres, nait l’idée d’un grand événement sportif qui rassemblerait toutes les nations et serait ouvert à tous les handicaps. Les Français seront les 1ers à organiser de telles rencontres.

En 1960, Rome, ville d’accueil des Jeux Olympiques, accepte de recevoir en parallèle les 9èmes Jeux Internationaux de Stoke Mandeville. La rencontre de ces deux compétitions marquera l’histoire. Dorénavant, les épreuves handisports seront accueillies dans la même ville et en même temps que les épreuves olympiques : les Jeux Paralympiques sont nés (même s’ils n’acceptent pour l’instant que les athlètes en fauteuil).

Ce n’est qu’en 1976, avec les jeux de Toronto (Canada) que d’autres handicaps et de nouvelles disciplines seront intégrés à la compétition. Il faudra encore attendre 1993 pour la création officielle d’un Comité International Paralympique et 1996 pour l’intégration des déficients intellectuels à la compétition (ils en seront exclus à Pékin 2008 à cause des fraudes et ne sont toujours pas réintégrés à ce jour).

Le mot “handisport”

Contraction des termes “handicap” et “sport”, il montre bien que les deux sont conciliables dans un mot court et compréhensible. Il est utilisé pour la première fois en 1976, lors de la fusion de deux entités régissant le sport adapté français : la Fédération Française Sportive des Handicapés Physiques (FFSHP) et la Fédération Française Omnisport des Handicapés Physiques (FFOHP) qui deviennent donc officiellement la Fédération Française Handisport (FFH).

Le mot n’entrera dans le dictionnaire qu’en 1990.

1980 – 2000 : la démocratisation

Les années 80 signent le développement du handisport à l’échelle nationale et mondiale, l’intégration de nouvelles disciplines, comme le marathon, l’équitation ou le cross, mais aussi et surtout le développement de son image. Avec la généralisation de la télévision dans les foyers, il devient de plus en plus visible aux yeux des Français et des politiques, qui commencent à prendre en considération les associations et compétitions sportives pour les handicapés.

Cela peut paraître tardif, mais ce n’est que dans la fin des années 90, début 2000, que le handisport sort des sphères du haut niveau pour se pratiquer en loisir et s’intégrer un peu plus profondément dans le paysage français. Si de nombreux clubs étaient auparavant ouverts, la dimension loisir séduit les Français qui pensaient le handisport réservé aux athlètes professionnels.

De la même façon, les premiers labels sont créés et signalent les espaces en capacité de recevoir des activités sportives ou plus largement du public handicapé. La démocratisation d’internet permet en parallèle de venir renforcer sa médiatisation et sa connaissance auprès du grand public.

Et demain ?

Aujourd’hui, le handisport comprend de plus en plus de disciplines, comme le football, la plongée, le judo, etc. Les associations et les pouvoirs publics tendent à lui offrir une meilleure place et une meilleure visibilité. Des chaînes, comme France Télévision, ont ainsi commencé à diffuser du handisport sur des chaînes nationales et accessibles à tous.

Les progrès d’aujourd’hui permettront peut-être demain, à l’horizon des Jeux Olympiques 2024, de ne pas clôturer ou éteindre la flamme des Jeux avant la fin les épreuves paralympiques et de proposer une meilleure couverture médiatique du handisport, en France et à l’international.

 

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