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Être aidant familial et travailler en 2018

Le nombre d’aidants en France augmente d’année en année. Pourtant, ces aidants souffrent tous du même problème : l’invisibilité sociale, un effet dévastateur pour les personnes cumulant un emploi et leur rôle d’aidant.
L’Atelier des Aidants  revient avec vous sur cette thématique.

Le travail, bénéfices et conséquences

47% des aidants sont salariés. Ils représentent 15% de la population active.

Beaucoup d’entre eux témoignent de l’importance de leur métier. L’aidance leur impose une telle charge de travail qu’ils n’ont souvent plus de loisirs, les relations sociales finissent par disparaitre et certains aidants s’isolent et se renferment sur eux-mêmes. Le travail agit comme une bulle d’oxygène en leur permettant de garder un lien avec les autres et de sortir de leur quotidien d’aidant.

Mais il y a un revers à cette médaille : épuisement, manque de concentration, stress accumulé et maladies. Les entreprises engagées sur le sujet de la dépendance ont constaté divers problèmes :

  • D’absentéisme à 59%
  • D’organisation du travail à 50%
  • De démotivation à 48%
  • De perte de productivité à 41%

Ces observations, les aidants les ressentent aussi. Un sur deux constate des difficultés à se concentrer, 39% partent plus tôt et 29% arrivent en retard.

Créer le dialogue

Toutes ces conséquences ont des répercussions directes sur l’absentéisme qui peut aller jusqu’à 16 jours par an. La notion du « devoir » et la culpabilité « d’abandonner leur proche » les poussent à ne pas tenir compte de leurs limites. Car même quand l’aidant familial arrive à déléguer ses tâches, il garde une pression morale et psychologique. Bien souvent l’aidant privilégie la santé de son proche avant la sienne. Certains aidants décèdent même avant leur proche dépendant, pour 1 tiers lorsque le proche aidé est un senior.

Il est important d’inciter les aidants à parler de leurs difficultés. À l’heure actuelle, ils ne parlent pas de leur situation car :

  • 66% pensent que cela concerne leur vie privée
  • 26% n’ont pas envie d’en parler
  • 8% craignent que cela nuise à leur carrière

De manière générale, 58% des aidants pensent que leur situation est un obstacle à leur carrière. Seulement 16% d’entre eux en ont parlé à l’assistante sociale ou au médecin du travail et 12% en ont parlé à leur DRH.

Pourtant, le besoin de parler est réel : 90% des salariés aidants en ont discuté avec leurs collègues.

Ils sont aussi mal renseignés sur leurs droits et les aides disponibles. 74% n’ont pas contacté les services publics ou les associations et 72 % disent ne pas connaître les dispositifs légaux auxquels ils ont droit. Interrogés, les aidants aimeraient disposer d’informations sur les aides possibles (64%) mais aussi plus de flexibilité dans leurs horaires et leurs congés (61%). Ils sont intéressés par des formations pour mieux aider leur proche dépendant (38%) ou des groupes de paroles (30%).

Supporting Working Careers a réalisé en 2013 une étude en Grande-Bretagne sur les bénéfices apportés à l’entreprise grâce à une politique active pour les aidants salariés. Il en ressort de nombreux avantages :

    • Une réduction des congés maladie et de l’absentéisme (88 %)
    • Une amélioration de l’engagement des employés (85 %)
    • Une amélioration du management (80 %)
    • Des équipes de travail plus efficaces (75 %)
    • Une amélioration des prestations de service (72 %)
    • Une augmentation de la productivité (69 %)
    • Une réduction du recrutement et des coûts de formation (65 %)
    • Une amélioration de la capacité d’attraction (61 %)
    • Une économie des coûts de production (55 %)

Pour aller un peu plus loin, l’Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises et l’UNAF ont publié un grand guide sur le sujet : le guide à destination des entreprises.
Etre aidant familial et travailler n’est pas un exercice facile alors n’hésitez pas à en parler sur notre forum aidant.

Sources :

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