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EHPAD : vers une tarification solidaire ?

C’est une réalité pour 1 résident sur 2, les tarifs des EHPAD sont trop élevés. Avec une moyenne de 2 000 € de reste à charge, alors que la pension de retraite se situe autour de 1 400 € par mois, les moins aisés doivent souvent renoncer à ce genre d’établissements.

Suite à la concertation sur le grand âge et l’autonomie qui s’est terminée début décembre, le gouvernement étudie différentes options permettant de diminuer le reste à charge des plus modestes. L’une d’elles est la mise en place de tarifs adaptés en fonction de ses revenus.

Des baby-boomers vers le grand âge

L’un des grands enjeux des 10 prochaines années est l’arrivée des baby-boomers dans le grand âge. De nombreux seniors vont avoir besoin de solutions d’hébergement (et d’aidants) que ce soit du maintien à domicile ou l’entrée en établissement spécialisé.

Puisqu’il s’agit du souhait de 90 % des Français, le gouvernement se mobilise principalement dans le développement du maintien à domicile. Il ne faut cependant pas négliger d’autres alternatives et c’est pourquoi diverses pistes de réflexion sont engagées comme une réforme des établissements pour seniors ou de leur tarification.

Vers un tarif à la carte

Nous l’avons vu en 2018 avec la crise des EHPAD, le système est à bout de souffle et ne convient désormais ni aux résidents, ni au personnel soignant. Si un changement doit intervenir en profondeur, la question de leur accessibilité aux moins aisés est déjà sur la table.

La Mutualité Française propose en effet d’appliquer aux EHPAD la même logique qu’aux crèches, c’est-à-dire d’imposer une tarification différente en fonction de ses revenus. Les plus riches paieraient donc un surcoût solidaire afin de financer une partie du loyer des plus modestes, le reste serait compensé par une participation de l’État.

Ce système est déjà en place dans quelques établissements qui peuvent imposer une sur-tarification jusqu’à 10 € par jour aux hauts revenus, soit sur 3 ans d’hébergement en moyenne, une différence de près de 11 000 €.

Un risque de sélection

Si ce système est adopté, il devra compter sur les EHPAD pour fonctionner. Cette proposition a, en effet, besoin d’une juste répartition des résidents, c’est-à-dire que les aisés cohabitent avec les modestes, afin de créer les conditions de cette solidarité.

Le principal risque est la possibilité d’avoir une sélection à l’entrée. Voir émerger des “EHPAD pour riches” où les loyers seraient complètement inaccessibles aux plus modestes et des “EHPAD pour pauvres” où la mise en place de cette solidarité deviendrait impossible au vu des faibles revenus des résidents.

Une telle répartition est à vrai dire déjà en partie observée dans le système actuel au vu de la différence de tarif entre les établissements commerciaux à but lucratif et ceux à but non lucratif, d’où l’actuelle nécessité d’une réforme…

 

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