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Comment scolariser un enfant en situation de handicap ?

La fin des vacances approche et avec elle la rentrée des classes. Si l’école est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, pour tous les enfants, y compris ceux en situation de handicap depuis la loi de 2005. Ces derniers font régulièrement face à la complexité des démarches administratives pour y entrer.

L’Atelier des Aidants vous propose de revenir sur les procédures à effectuer pour que tout se passe bien à la rentrée.

Choisir le mode de scolarisation adapté

Selon les besoins plus ou moins spécifiques de votre enfant, vous pouvez prétendre à une instruction en milieu ordinaire ou en milieu adapté, tous deux proposant un suivi et des capacités de prises en charge différents.

La scolarisation en milieu ordinaire

En fonction de la nature de son handicap, votre petit peut accéder à l’école en milieu ordinaire comme n’importe quel autre enfant de son âge. L’école maternelle et les classes de primaire sont généralement accessibles et permettent une socialisation et un éveil dès le plus jeune âge.

Pour les handicaps légers, le milieu ordinaire est tout à fait envisageable jusqu’au collège et au lycée, avec quelques aménagements si besoin. En revanche, cela peut ne pas convenir pour les pathologies les plus lourdes ou nécessitant une attention constante.

Concernant le second degré (et toujours selon ses capacités) votre enfant pourra soit intégrer une classe normale, soit une ULIS. Ces classes d’une douzaine d’élèves offrent l’avantage d’assurer une instruction adaptée à son rythme, tout en lui permettant de rester en milieu ordinaire.

Un renforcement du nombre de classes ULIS est prévu par le gouvernement sur l’ensemble du territoire d’ici 2022.

La scolarisation en milieu adapté

Si la pathologie de votre enfant nécessite un suivi qui ne peut être assumé par l’école classique, vous pouvez vous rapprocher des établissements médico-sociaux. Ce mode de scolarisation est souvent favorisé par les MDPH en raison de leurs compétences et de leur prise en charge complète entre étude, éducation et soins (rééducation, suivi médical, etc.)

Selon la volonté du gouvernement, chaque fois que cela est possible et profitable aux enfants, les unités d’enseignement sont implantées au sein des établissements scolaires classiques plutôt que dans les structures médico-sociales. Des temps d’enseignement peuvent ainsi être partagés entre établissements spécialisés et écoles ordinaires afin d’assurer la mixité et la rencontre des élèves.

La scolarisation à distance

Lorsque le handicap de son enfant est important, ou que les places en établissement sont insuffisantes ou trop éloignées du domicile, il est possible d’assurer son instruction soi-même. Si cela nécessite beaucoup d’énergie et un engagement important de votre part, sachez que cela est faisable.

Le Centre National de l’Enseignement à Distance (CNED) propose des guides suivant les programmes de l’Éducation nationale pour vous orienter dans votre enseignement avec des conseils pédagogiques sur les points qui peuvent se révéler difficiles à aborder. Vous pouvez au besoin contacter les enseignants du CNED pour demander des informations sur le contenu des cours ou sur l’organisation. Les élèves sont par ailleurs suivis par des professeurs de l’Éducation nationale, en charge de les encadrer et de s’assurer qu’ils assimilent bien les savoirs.

L’inconvénient majeur de l’enseignement à distance est l’isolement, le vôtre aussi bien que celui de votre enfant. Il est donc important de favoriser les sorties et les rencontres, mais aussi de bien séparer les temps d’école et les temps de famille.

Constituer son dossier de scolarisation auprès de la MDPH

Une fois que vous avez une idée un peu plus précise de ce que vous souhaitez pour votre enfant, il faut élaborer un projet de scolarisation précis avec l’enseignant référent de votre zone géographique et le faire valider par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Cette dernière décidera, avec ce référent,  l’équipe pédagogique et des professionnels de santé, de sa faisabilité au regard de la nature du handicap de votre enfant, mais aussi de l’adéquation entre ses besoins et les moyens disponibles.

Ce plan personnel de scolarisation (PPS) organise les modalités d’instruction et les mesures d’accompagnement (humaines ou matérielles) lorsqu’elles sont nécessaires. Il définit de même les actions pédagogiques, éducatives, sociales, médicales et paramédicales requises pour répondre aux besoins spécifiques de votre enfant.

Son suivi et la bonne mise en œuvre du PPS sont assurés par l’enseignant référent. Ce dernier est spécialisé dans l’accompagnement des enfants en situation de handicap et reste votre interlocuteur prioritaire.

Anticiper l’accueil à l’école de son enfant

Une fois votre projet de scolarisation validé, vous savez quel établissement vous sera affecté. Pour autant il faut encore anticiper son accueil afin de prévoir ensemble les aménagements qui devront être mis en place, comme l’aide humaine, matérielle ou pédagogique.

L’accompagnement humain

Pour obtenir une aide humaine, vous devez en faire la demande auprès de la MDPH. Vous pourrez ainsi avoir recours aux agents d’État en charge de l’accompagnement des élèves en situation de handicap (AESH), qui offrent un support et un soutien dans les actes de la vie quotidienne et à l’école, sous contrôle de l’enseignant. Mais également aux auxiliaires de vie scolaire, qui proposent une aide individuelle ou mutualisée sur le temps scolaire.

S’il existe différentes modalités d’aide pour guider votre enfant au cours de ses études, sachez que le nombre d’acteurs disponibles est limité. En 2017, 2 % des enfants n’ont pas pu obtenir l’accompagnement nécessaire à la rentrée. Une absence d’accompagnement est malheureusement souvent synonyme de retour à la maison.

Les aménagements matériels

Certaines adaptations sont parfois nécessaires pour permettre à votre enfant de suivre la classe. Il s’agit rarement d’aménagements conséquents (portes, escaliers, chaises et tables), mais de petites dispositions peuvent être utiles, comme un texte imprimé plus gros, un ordinateur pour la prise des cours, une place plus près du tableau, etc.

La mise à disposition de matériel spécifique est à voir directement avec l’école. Selon ses moyens, elle pourra vous les prêter ou vous en proposer l’achat conjoint.

Aménagements spécifiques

Outre les aides humaines et matérielles, des aménagements particuliers peuvent être demandés directement auprès de l’établissement scolaire, comme l’aménagement des examens par exemple que ce soit en matière d’aménagement horaire (tiers temps supplémentaire) ou autres (secrétariat, aide à la prise de notes, reformulation du sujet, assistance informatique, etc.).

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