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Auxiliaires de vie : des alliées en difficulté

Souvent exercé par des femmes, le métier d’auxiliaire de vie est indispensable pour de nombreux aidants. Repas, toilettes, courses… Elles interviennent dans tous les gestes de la vie quotidienne que la personne malade, handicapée ou dépendante ne peut plus effectuer seule.

L’Atelier des Aidants leur consacre cet article et vous éclaire sur les difficultés de ce si beau métier.

Un métier d’avenir, mais des conditions de travail difficiles

Même si des solutions d’hébergement spécialisé pour seniors existent (EHPAD, EHPA, résidence autonomie, résidence senior, etc.) plus de 80 % des Français souhaitent vieillir chez eux. Pourtant, que ce soit à cause de l’âge ou du handicap, certains gestes de la vie quotidienne ne sont plus possibles ou trop pénibles pour être effectués seul, il est alors temps de faire appel à une auxiliaire de vie.

D’ici 2050, on estime que le nombre de seniors (et donc de bénéficiaires potentiels) aura triplé. Paradoxalement, le métier d’auxiliaire de vie est déjà en pénurie de main-d’œuvre et peine à recruter, principalement à cause des conditions de travail difficiles.

 

Ce manque de personnel s’explique en partie par des niveaux de rémunération qui semblent aujourd’hui insuffisants par rapport à l’engagement exigé. En effet, les auxiliaires de vie sont majoritairement payées au SMIC et l’organisation de leur emploi du temps leur permet rarement de faire 35 heures par semaine. Le temps partiel subit amène une rémunération parfois à peine au-dessus du seuil de pauvreté avec une amplitude horaire souvent importante. Par ailleurs, ces femmes peuvent difficilement compléter leurs revenus avec un deuxième emploi en raison du morcellement de leur emploi du temps.

Si normalement les plannings doivent être fixés au moins deux semaines à l’avance, il n’est pas rare qu’ils changent du jour au lendemain, que des jours chômés soient finalement travaillés ou que des week-ends de repos deviennent des remplacements… Les trajets occupent également une bonne partie de la journée sans qu’ils ne soient, pour autant, indemnisés à hauteur de dépenses, ce qui leur est encore plus préjudiciable dans un contexte de hausse des prix du carburant.

 

Parallèlement au niveau de rémunération, au planning et aux trajets, s’ajoutent les maladies professionnelles et les troubles musculo-squelettiques dont elles souffrent fréquemment. Les auxiliaires de vie doivent également s’occuper de toujours plus de personnes, certaines structures sont même contraintes à constituer des listes d’attente. Compressés dans un temps réduit, les soins aux bénéficiaires sont chronométrés, ce qui implique parfois une dégradation de la qualité de service, une réduction du relationnel, des retards et encore trop souvent des heures supplémentaires, de l’épuisement et du burn out.

La stratégie du gouvernement pour le grand âge

Si la condition des auxiliaires de vie avance lentement, le gouvernement entend entreprendre des réformes profondes du système de prise en charge des personnes âgées dépendantes et particulièrement en soutien aux professionnels.

La première priorité sera donnée à l’amélioration des conditions de travail, avec un véritable plan d’action mené par la commission Qualité de vie au travail. Cette dernière aura la charge de voir quelles aides peuvent être apportées aux professionnels, que ce soit au niveau des locaux, de l’équipement, mais aussi des kits pédagogiques et aide au management.

Afin de les soulager au quotidien, l’accent sera mis sur le regroupement (en centre de soins par exemple). Cela permettra de lutter contre l’isolement, mais aussi de mieux prévenir le risque d’épuisement. Une démarche similaire sera également amorcée sur le secteur des services à domicile.

La formation devrait être renforcée pour les aides-soignantes, avec qui les auxiliaires de vie doivent souvent travailler, afin de faciliter la prise en charge des personnes âgées. Un véritable plan de formation et de recensement des actes réalisés sera mis en place pour l’ensemble des intervenants auprès des seniors, incluant les auxiliaires de vie.

En parallèle, c’est tout le système des EHPAD et des aides-soignantes qui devrait être revu. Si cela ne concerne pas directement les auxiliaires de vie, ces mesures ont néanmoins vocation à améliorer le maintien à domicile et donc le travail des auxiliaires de vie.

 

Aussi pénible que soit la tâche, de nombreux témoignages montrent tout de même un profond attachement à leur métier et aux personnes dont elles s’occupent. Des liens très beaux et très profonds se nouent parfois et elles savent qu’elles peuvent compter sur votre reconnaissance et votre soutien. De belles complicités se tissent parfois au travers d’un regard, d’un moment d’écoute ou de partage.

Aidants, n’hésitez pas à donner votre avis et à témoigner sur notre page Facebook.

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